C’est quoi ton plan ?
Les Alpes. Le plus grand espace naturel européen. Deux cent mille kilomètres carrés de sommets et de vallées, de forêts et de lacs, de hameaux et d’alpages abritant une faune et une flore uniques. Territoire authentique, riche en traditions, marqué par les échanges culturels.

La « Via Alpina » est née dans les années 2000, d’un projet européen innovant rassemblant acteurs privés et publics des huit pays alpins, ayant pour volonté de valoriser ensemble leur patrimoine et d’échanger leur expérience par-delà les frontières.
Itinéraire reconnu, son réseau total est composé de cinq tronçons de sentiers de randonnées balisées, répartis sur plus de 5000kms, majoritairement perchés entre 1000 et 3000 mètres d’altitude.

Le plus long tracé traverse les Alpes de part en part, reliant Trieste (Italie) à Monaco en 161 étapes sur 2500kms. De l’Adriatique à la Méditerranée, à travers les plus beaux sommets de huit pays : Italie, Slovénie, Autriche, Allemagne, Liechtenstein, Suisse, France et Principauté de Monaco.


C’est cet itinéraire rouge que j’ai choisi de suivre sur la quasi-totalité de mon parcours, excepté en Suisse ou j’opterai pour le tracé vert.
Ces deux itinéraires couplés devraient me permettre de réaliser une traversée intégrale en cinq mois sur un peu plus de 2100kms, me permettant d’aller frôler d’impressionnants sommets de la chaîne alpine comme le Mont-Blanc, le Mont-Rose, la Barre des écrins, l’Eiger ou encore l’Hochfeiler, ainsi que d’autres endroits remarquables comme le lac d’Oeschinen, la vallée de Sesto, le massif des Dolomites ou encore le parc du Mercantour…
134 étapes prévues sur le papier. En moyenne 15 à 20 kilomètres par jour, bien que les distances soient peu significatives en montagne, mes topos quotidiens se basant plutôt sur les niveaux de dénivelés cumulés en positif et en négatif, et prenant également en compte, au-delà de la cartographie, mon expérience personnelle et l’adaptation à mes dispositions physiques.

L’esquisse est dessinée, les grandes lignes sont tracées et seront ajustées au fil de l’eau, au gré de la météo, des rencontres locales, des surprises et imprévus prévisibles dans tout voyage au long cours.
Pas de contrainte de temps, si ce n’est la prise en compte d’une fenêtre météo estivale habituellement clémente entre juin et octobre.

Je choisis de partir Fin Mai pour Trieste, au Nord-Est de l’Italie. Après quelques jours d’acclimations, de mesure des conditions météo et d’affinage de topo, le départ se fera de Muggia, petite ville voisine.
A peine le temps d’apprendre les bases du vocabulaire italien que je franchirai déjà la frontière slovène, avec une dizaine de jours de marche à altitude moyenne avant d’accéder au Triglav, premier gros massif montagneux de mon itinéraire.
Le reste du mois de Juin et le mois de Juillet seront partagé entre Slovénie, Italie du Nord, Autriche de l’Ouest et Allemagne du Sud. Août sera un mois dédié à la traversée complète du Lichtenstein et de la Suisse. Puis Septembre et Octobre alterneront entre France et Italie, pour terminer, si les conditions météo le permettent, fin Octobre à Monaco.

Et côté matos ?
En comparaison de ma préparation de bike trip quelques années en arrière, l’organisation d’un sac à dos de randonnée pour partir en toute autonomie est encore un cran au-dessus. Un passage du niveau « confirmé » au niveau « presque expert » au Tetris du chargement!

Le casse-tête du poids et du volume disponibles. Cette fois ci, pas d’extras planqués dans le fond des sacoches ; exit le hamac, le set de cuisine ou le jean en rab…
Il faut trouver son propre équilibre entre indispensable, confortable, et « légèrement superflu mais bon pour le moral » … Les frontières sont parfois fines, mais l’expérience personnelle permet de régler son curseur et d’affiner sa check-list petit à petit.
Mon retour d’expérience est globalement très positif sur les équipements que j’avais jusqu’alors pour mes sorties vélo et/ou randos. Quelques renouvellements, principalement pour optimiser le poids de mon paquetage ou gagner un peu en volume, et le voici qui prend forme ; l’indispensable inventaire excel, gardien et juge de paix dans la chasse aux grammes…
Au total, avec 2-3 jours d’autonomie en eau et alimentation, je compte un sac proche de 20kg. Théoriquement c’est trop, je devrais idéalement porter entre 16/17kg. Mais je me suis déjà habituée à ce mode « semi-sherpa » lors de précédentes randonnées, et, ici encore, l’optimisation et l’adaptation viendront au fur et à mesure de mon avancée.
